Histoire du 3e

Histoire du 3e

De l'enclos du Temple au renouveau commercial et artisanal des années 1990

L'enclos du Temple

Au temps de la petite bourgade gauloise de Lutèce, le site du 3e arrondissement était encore une zone marécageuse inhabitable. Dès le haut moyen âge cependant, une abbaye s'y installe : Saint-Martin des Champs (emplacement actuel des Arts-et-Métiers), en bordure d'une route commerciale menant à Paris. Mais il faut attendre la fin des invasions normandes pour que cette partie de la rive droite de la Seine connaisse un début de développement. Les Templiers, après s'être enrichis grâce aux croisades, y acquièrent un grand nombre de terrains qu'ils font défricher, mettre en cultures (ou coutures) puis entourer de hauts murs : c'est l'enclos du Temple qui va peu à peu se garnir de constructions. Il faut alors s'imaginer le Temple comme une petite ville complètement enclose dans ses murailles crénelées et sa seule entrée par un pont-levis sur l'actuelle rue du Temple. C'était vraiment une autre ville hors de Paris.

Émergence et âge d'or d'un quartier

C'est la décision de Charles V de s'installer, non plus au Palais de la Cité comme ces prédécesseurs, mais à l'hôtel St-Pol, qui pousse à élargir les fortifications Est de la ville. Ces nouvelles murailles, dans le prolongement de celles déjà construites sous Philippe- Auguste, permettent d'intégrer les marais alentours et constituent déjà les limites Est et Nord de ce qui sera le 3e arrondissement actuel, c'est-à-dire sur le tracé des boulevards Beaumarchais, des Filles du Calvaire et du Temple. Le nouveau secteur royal attire rapidement les grands seigneurs, les financiers et les marchands. Une longue période d'urbanisation débute alors dès le XVe siècle, il devient à la mode de construire sur les grandes parcelles jusqu'alors restées vierges. A côté des constructions privées, on voit s'y élever des établissements nécessaires à la Ville, comme l'Hôpital des Enfants Rouges, fondé en 1534 par Marguerite de Navarre, soeur de François 1er, qui donnera plus tard son nom au fameux marché des Enfants Rouges, créé par Louis XIII en 1615 sur un terrain situé à proximité de cet hospice. Les grands travaux seront ralentis pendant la première guerre de religion qui mènera à la nuit du 23 au 24 août 1572 : le massacre de la Saint-Barthélemy. Les premières dispositions précédant cet événement tragique auraient d'ailleurs été prises dans l'Hôtel de Guise, hôtel en fer à cheval face à la rue des Archives où se seraient réunis Catherine de Médicis et le Duc de Guise. Une fois l'accalmie retrouvée, Henri IV relance les grands travaux et le quartier devient vite l'un des plus huppés de Paris où il est de bon ton d'être vu. Les opérations immobilières s'enchaînent, la plus prestigieuse étant sans aucun doute la place Royale (actuelle place des Vosges) achevée en 1612. Le succès de la place incite Henri IV à initier un projet encore plus ambitieux : la place de France (angle actuel de la rue de Bretagne et de la rue de Turenne). Envisagé comme une place en hémicycle de laquelle devaient partir des rues rayonnantes. Le projet sera abandonné suite à l'assassinat d'Henri IV. C'est finalement un quadrillage perpendiculaire qui verra jour. Notons que le promoteur du projet modifié a laissé son nom à une rue du quartier : la rue Charlot.

Dynamisme commercial et industriel

Le développement de Versailles et l'installation de Louis XIV en 1682 initient un flux migratoire de la population parisienne. La grande bourgeoisie s'exile vers l'Ouest. Au lendemain de la révolution dont il a été le théâtre de nombreux événements, le 3e arrondissement est peu à peu reconquis par l'activité artisanale et commerciale. Il retrouve ainsi une vieille tradition qui en fait l'un des secteurs les plus industrieux de Paris aux XIXe et XXe siècles : vêtement et cuir, bonneterie, chapeau, casquette, orfèvrerie et bijouterie, ferronnerie, bimbeloterie, matériel de précision et de mesure, travail du verre. Il est en même temps un point important de convergence d'immigrants, originaires de nombreux pays, qui contribuent à son dynamisme économique. Les couvents et grandes demeures devenus biens nationaux sont détruits ou parcellisés par souci de rentabilité. La révolution industrielle achève de transformer le quartier qui perd petit à petit de son prestige.

Malgré cette tendance générale, quelques merveilles voient tout de même le jour. C'est le cas du Carreau du Temple construit en 1863. Lieu de transactions entre les marchands du Temple et les fripiers des rues, ce marché connaît une effervescence populaire représentative de l'essor commercial du quartier. Pourtant, la concurrence croissante des puces de Clignancourt entraînera progressivement la désaffection du lieu qui sera amputé de ses deux tiers. Reste un superbe édifice en fonte et en verre qui a résisté à l'épreuve du temps. Après réhabilitation, ce vaste ensemble deviendra un équipement de proximité pluridisciplinaire dédié au sport, à la culture et à la vie économique. En sous-sol un « dojo », une salle de danse, une salle omnisport et des studios de répétitions seront aménagés et la grande halle du rez-de-chaussée sera un espace modulable pouvant accueillir du tennis et des sports collectifs ainsi que des événements pour tous les publics. L'inauguration est prévue en 2013.

La renaissance du 3e

Resté relativement à l'écart des bouleversements de l'urbanisme d'Haussmann, le 3e arrondissement a conservé son aspect et sa densité de vieux quartier de Paris, chargé de souvenirs historiques. Il a été profondément marqué par les événements de la dernière guerre, par l'occupation allemande et les déportations. Une réflexion patrimoniale, déjà engagée dans les années 30, prend alors plus d'ampleur. Les modernistes prônent l'éradication des bâtiments et la construction de tours alors que l'école Giovannoni insiste sur l'importance de la rénovation. C'est cette dernière idée qui s'imposera avec la loi Malraux de 1962 sur la protection des ensembles urbains puis avec le Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) adopté en 1996 qui fait actuellement l'objet d'une concertation auprès des habitants intéressés, pour sa révision. Ainsi, depuis une quarantaine d'années, notre arrondissement, renaît, tiraillé entre la restauration de son patrimoine historique, la spéculation immobilière et le maintien de ses activités traditionnelles et de sa population. Malgré cela, son activité économique est encore dense et sa population plus jeune et plus active que celle de la moyenne parisienne. Depuis plusieurs années, de nouvelles activités se développent, dans le domaine culturel avec l'ouverture d'un très grand nombre de galeries d'art, dans le secteur de la mode, avec l'installation de jeunes créateurs, et à travers l'action municipale menée pour préserver le commerce de proximité. Les réhabilitations du Carreau du Temple et de la place de la République, lieux emblématiques du quartier, sont engagées, et le nouvel espace culturel de la Gaîté Lyrique ouvrira ses portes décembre 2010.


Dernière mise à jour le mercredi 22 février 2017

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